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La boucle temporelle : ta véritable boussole de praticien MOSAIC®

Tu as appris le modèle D-P-E-S-C (Déclencheur, Pensées, Émotions, Sensations, Comportement) lors de ta formation. Cinq cases. Une boucle. Mais est-ce que tu l'utilises comme une vraie boussole pour guider ton intervention en suivant l'énergie de ton patient, ou encore parfois comme une simple check-list à remplir de haut en bas ? La nuance est capitale pour la réussite de ta thérapie.

La boucle temporelle : ta véritable boussole de praticien MOSAIC®

La boucle temporelle : ta véritable boussole de praticien MOSAIC®

Tu as appris le modèle D-P-E-S-C (Déclencheur, Pensées, Émotions, Sensations, Comportement) lors de ta formation.

Cinq cases. Une boucle. Mais est-ce que tu l'utilises comme une vraie boussole pour guider ton intervention en suivant l'énergie de ton patient, ou encore parfois comme une simple check-list à remplir de haut en bas ?

La nuance est capitale pour la réussite de ta thérapie.

Cas clinique : construire la boucle !

Dialogue reconstitué, prénom d'emprunt.

Une patiente raconte une scène avec sa mère. Le récit est long et il tourne. Voilà comment la boucle se construit, sans interprétation, en suivant le fil.

Thérapeute : Qu'est-ce qui s'est passé, juste avant que ça monte ?
Léa : Ma mère... elle m'a regardée.

Thérapeute : Juste regardée. Rien d'autre à ce moment-là, un mot, un geste ?
Léa : Non. Juste ce regard.

Thérapeute : D'accord, on garde ça précisément : le regard de votre mère. Et à cet instant, qu'est-ce que vous vous dites ?
Léa : Que je ne suis pas aimée. Que ça y est, elle va encore me sortir des méchancetés.

Thérapeute : Quand cette pensée arrive, « je ne suis pas aimée », qu'est-ce que ça fait en vous ?
Léa : De la tristesse. Une grosse tristesse. Et l'impression de ne rien pouvoir y faire.

Thérapeute : L'impuissance. Cette tristesse, elle se loge où, dans le corps ?
Léa : (elle touche sa poitrine) Là. Ça serre.

Thérapeute : Ça serre, dans la poitrine. Et ensuite, qu'est-ce que vous faites ?
Léa : Je me ferme, je ne dis rien. 

Thérapeute : Quand vous vous fermez, que vous ne dites rien ?
Léa : Je culpabilise. J'ai honte.

Thérapeute : Honte de quoi ?
Léa : De ne pas être quelqu'un de bien. Une mauvaise fille.

Thérapeute : Donc à la fin, ce silence vous ramène toujours au même endroit.

Léa : (silence) Oui. C'est toujours pareil. 

Le thérapeute n'a rien interprété ici : il a juste suivi le fil, exemple concret après exemple concret, jusqu'à ce que la boucle se dessine d'elle-même. C'est ce même mouvement de questions qui a servi à construire le schéma.

Le schéma de la boucle

Le schéma D-P-E-S-C : un processus dynamique, pas une liste rigide

La boucle temporelle n'est pas une séquence statique. C'est un schéma circulaire, auto-entretenu, que ton client répète encore et encore. C'est la force centrale de l'approche MOSAIC® : ce qui nous intéresse, c’est comment la personne fait ce qu’elle fait quand elle le fait, pour comprendre sa dynamique de fonctionnement. Pas pourquoi elle le fait. Comment.

💡 À retenir : L'ordre n'est pas figé ! Si l'acronyme est D-P-E-S-C, le protocole MOSAIC précise bien qu'il faut poser les questions d'exploration selon l’ordre dans lequel la logique du patient se construit. La seule chose qui est figée est le déclencheur !

Le Déclencheur (D) : l'endroit concret où tout déraille

C'est le point de départ incontournable. Le déclencheur (D) de la boucle MOSAIC® doit être un événement concret dans le présent.

C'est un fait brut, indiscutable. "Mon patron m'a regardé" est un fait. "Il m'a mal regardé" est déjà une interprétation. Trouve cet instant exact de la bascule. Si tu n'as pas le fait brut, tu t'enlises dans de la bouillie interprétative. Inutile d’essayer de prendre un exemple de tous les cas de figure; un seul exemple suffit.

Pensées et Croyances (P) : les lunettes qui distordent le réel

Entre le fait brut et le vécu, le cerveau applique ses filtres. En MOSAIC, héritière de l'approche systémique et constructiviste de Palo Alto, le postulat est clair : « Le problème est une interprétation ».

Les pensées, les croyances et le sens que l'on donne à l'événement se retrouvent dans cette grande case (P). Elles agissent comme des lunettes invisibles portées depuis si longtemps qu'on en oublie l'existence. Un même fait (le regard du patron) va générer des réalités opposées selon la personne. Ton rôle ici ne sera pas de “psychanalyser” cette croyance, mais d'utiliser le recadrage (par l'humour, l'absurde, la logique socratique) pour proposer au patient de « regarder avec de nouvelles lunettes » et lui offrir une nouvelle carte du monde.

Émotions (E) et Sensations (S) : le véritable moteur neurologique

C'est ici que MOSAIC excelle et se détache des thérapies purement cognitivo-comportementales. Le mental dépend du corps.

Changer la sensation, c'est désactiver l'alarme neurologique (l'amygdale) et changer toutes les pensées, comportements et émotions qui en découlent. Un corps relâché rappelle au cerveau que tout va bien, qu’il y a de la sécurité, donc aucune raison de s’inquiéter ou de se mettre à crier. 

Le Comportement (C) : ce qui referme le piège

La dernière case, le Comportement (C), n'est jamais aléatoire. Qu'il s'agisse d'évitement, de prostration, d'agressivité ou de contrôle, sa fonction est de réagir face à un problème, ce qui conduit généralement à entretenir la boucle temporelle donc le problème. Le client agit en fonction de ce qu'il ressent et croit, et son action (ou son évitement) vient confirmer au cerveau que le danger était réel et que son filtre de départ était juste. Le piège est verrouillé.

Ce que ce schéma change pour ta pratique

Cartographier la boucle temporelle D-P-E-S-C avec précision te donne une vision laser du système avant d'agir pour poser des hypothèses et choisir les endroits stratégiques d’action de la thérapie.

3 points à emporter :

  1. Suis la logique du patient : Les différentes composantes de la boucle temporelle doivent s’enchaîner selon un fonction spécifique au patient.

  2. Le déclencheur est factuel, le problème est une interprétation : Trouve le fait concret (D) et utilise le recadrage pour assouplir les lunettes (P) de ton patient.

  3. La transformation passe par le corps : L'exploration fine des Sensations (S) est ton niveau d'intervention le plus profond pour amener le patient vers sa solution corporelle (SID).

MOSAIC